Interview de Pierre Martin
Auditorium Sonatine à
Lyon

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Par
Rohan Le Belleguic
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Je suis allé faire une
écoute chez Sonatine à Lyon cet été et j’ai été fort bien accueilli
par le responsable du magasin, Pierre Martin, un homme passionné
par son métier. Il privilégie essentiellement les marques françaises
et c’est de bon augure. C’est chez lui que j’ai
pu écouter pour la première fois toute une gamme d’amplificateurs
et de préamplificateurs numériques 3D LAB (marque française) et
les résultats sont bluffants ; mais j’y reviendrai prochainement dans une future
rubrique « Visites chez les auditoriums » en préparation…
Je vous laisse dès à présent découvrir l’interview de Pierre Martin.
Si vous souhaitez avoir plus d’informations sur l’auditorium Sonatine,
allez voir notre rubrique « Carnet d’adresses » en page
d’accueil de notre site web. 1. RLB :
Comment est née votre passion pour la Haute Fidélité ? PM : Avec une grand mère musicienne
qui jouait avec ses amies en trio ou en quatuor presque tous les
dimanches, j’ai tout petit baigné dans la musique. Un jour chez
le mari d’une amie de ma grand mère j’ai écouté un système mono avec 1 QUAD 2 , 1 ESL57 ainsi qu’une platine
Clément, je crois que c’est à ce moment là, j’avais 7 ans, que le
déclic s’est produit. 2.
RLB : Quel est votre
parcours professionnel dans le secteur de la Haute Fidélité ? PM : Après avoir très jeune expérimenté la prise de
son avec mon magnéto UHER 4200 Report et mon couple de micros AKG
D 202cs, après mes études, ne voyant pas de débouché dans la prise
de son, j’ai cherché un travail dans le domaine de la Haute-Fidélité
et j’ai travaillé 6 ans dans la région toulousaine puis 16 ans à
L’Emotion musicale à Lyon, jusqu’au jour ou j’ai créé SONATINE. 3. RLB :
Sur critères choisissez-vous vos produits et privilégiez-vous les
marques françaises ? PM : La vertu première d’un matériel Haute Fidélité
est d’être fidèle à l’œuvre enregistrée. C’est pourquoi je ne choisis
que des éléments transparents c’est à dire qui ne font jamais 2
fois la même chose sur 2 disques différents. Le choix des marques Françaises
est pour moi une presque évidence, dans la mesure ou le rapport
musicalité /prix est à priori meilleur puisque ces appareils ne
souffrent pas de droits de douanes ni de frais d’importateurs ou
de distributeurs. D’autre part je lutte contre
ce snobisme des marques américaines ou extrême-orientales qui ne
valent que par la mode et le marketing fait autour. N’oubliez jamais que la
publicité faite sur une marque française ou étrangère, ou sur un
produit est forcément répercutée dans le prix de vente final et
que cela ne rend pas l’appareil plus musical !
4.
RLB : Vous vendez
des amplificateurs/préamplificateurs numériques 3D LAB, qu’apporte
de plus l’amplification numérique par rapport à l’analogique musicalement
? PM : A priori rien, mais c’est comme de se demander
ce qu’apporte la crème fraîche à la cuisine, tout dépend du cuisinier. J’ai pratiqué les grandes
marques d’amplis numériques et la plupart m’ont laissé de marbre
quand ils ne m’ont pas franchement agacés par un certain manque
de matière sonore et une sorte de violence dans le trait. Il s’avère
que 3D semble être parvenu à tirer parti intelligemment de cette
technologie ce qui fait des amplificateurs et préamplificateurs
à la musicalité insensée ! Je juge toujours du résultat
sans à priori technologique et j’invite les clients à faire de même,
cela permet de choisir avec sa sensibilité et non avec son affectif
ou son intellect. Si dans un magasin on vous vante la technologie
avant de vous faire écouter, c’est qu’il y a une approche musicale
déficiente. 5. RLB :
Que pensez-vous des nouveaux supports SACD/DVD Audio et ont-ils
un avenir ? PM : Il semblerait que le SACD soit condamné à court
terme, Sony seul contre tous cela a donné le Elcasset,
le Bétamax, le DAT, et j’en oublie. C’est
dommage car ce sont souvent des technologies intéressantes. Je mise
en revanche davantage sur le DVD audio mais au fond le CD restera
le support le plus vendu dans les 10 prochaines années. 6.
RLB : Les lecteurs
universels vont se généraliser d’ici quelques années, est-ce une
bonne ou une mauvaise nouvelle pour la Haute Fidélité ? PM : Je pense que cela dépendra plus du travail de
mise au point que feront les ingénieurs et que l’universalité ne
change pas grand chose c’est toujours un disque de 12 cm que l’on
fait tourner, seule sa capacité change et la façon dont on doit
interpréter les 0 et 1 qu’il contient ! 7.
RLB : Comment voyez-vous
l’évolution de la Haute Fidélité ? PM : Je pense que le matériel haut de gamme pour mélomane
restera en Stéréo mais que le format des enceintes est appelé à
se réduire. En revanche le matériel grand public ne sera plus que
Home Cinéma bourré de gadget conçus pour s’autodétruire le plus
vite possible dés que la garantie sera passée ! Mais peut on
appeler ce genre de matériel Haute Fidélité ? 8. RLB :
Quels sont vos disques préférés ? PM : J’en ai tellement !
celui que j’emmènerai probablement sur une île déserte c’est Clara
Haskil dans les concertos pour Piano de Mozart avec l’orchestre
des concerts Lamoureux dirigé par Igor Markevitch en 1955. Malgré
la pauvreté technique de l’enregistrement sur un bon système, cela
fait 15 ans qu’il me donne la chair de poule ! © Audiophilefr – Octobre 2004 |