F.A.Q.

Questions fréquemment posées sur le forum

Compilées par :
Amadeus Lennon

Les textes ci dessous ne se proposent pas de constituer un "cours de haute-fidélité". Il s'agit d'une très intéressante compilation de réponses apportées sur le forum à des questions qui reviennent souvent dans les discussions des amateurs, qu'ils soient débutants ou passionnés depuis longtemps ...

-Yves-

 

Comment composer sa chaîne haute-fidélité?
Quel est l'élément le plus important dans une chaîne audiophile ?
Le prix est-il gage de qualité en matière audiophile ?
Comment est fait un lecteur de CD ?
Est-il préférable d'avoir une mécanique de lecture CD et un convertisseur séparés ?
Est-il préférable d'avoir un préamplificateur et un amplificateur séparés ?
Peut-on coupler un préamplificateur à transistors et un amplificateur à tubes ?
Peut-on comparer le format CD et le format MP3 ?
Dématérialisation : les CD sont-ils condamnés ?
Peut-on faire rapidement la différence entre différents lecteurs CD ?
Quelle importance accorder à la puissance (nombre de watts) d'un amplificateur ?
Qu'est-ce que la " classe A " ?
Les câbles sont-ils si importants que cela ?
La haute-fidélité reproduit-elle la réalité ?
La haute fidélité : art ou technique ?
Qu'est-ce qu'une restitution correcte des instruments ?
Pourquoi venir sur un forum audiophile?
La phase (secteur) électrique a-t-elle une importance ?
Faut-il laisser ses électroniques en permanence sous tension ?
Sur quel support placer les appareils de la chaîne ?

 

Comment composer sa chaîne haute-fidélité?

Pour obtenir une installation vraiment musicale, il ne suffit pas d'associer des appareils reconnus pour leurs qualités individuelles. Le plus important consiste à trouver des associations harmonieuses, des " mariages " qui fonctionnent.

Dans tous les cas, des séances d'écoute s'imposent. Il est recommandé après avoir pris ici et là quelques renseignements sur des systèmes qui ont fait leurs preuves, d'aller écouter un système entier qui servira de référence (bonne ou mauvaise le cas échéant) et d'essayer d'écouter par la suite d'autres systèmes.

Les bons revendeurs spécialisés peuvent être d'un soutien et d'un excellent conseil; ils prendront le temps pour vous faire écouter un ensemble qui plaise. On peut douter que les grandes surfaces dites spécialisées aient à la fois les structures et le personnel adéquats à ce genre d'exercice. Toutefois, par expérience, un ensemble écouté dans de mauvaises conditions et qui accroche l'oreille et séduit l'auditeur sera déjà un excellent point, car il a toutes les chances de pouvoir s'exprimer dans un environnement domestique, à condition que celui-ci soit relativement apte à accueillir un système audio.

D'après L. Schmitt et Clodomire.


Quel est l'élément le plus important dans une chaîne audiophile ?

Une école de pensée estime que le maillon essentiel d'une installation est la source, au motif que toute perte ou déformation du signal à son niveau est impossible à corriger ensuite, quelle que soit la qualité du matériel placé en aval.

Pour d'autres, l'essentiel est l'association ampli/enceintes : l'expérience montre en effet que certaines associations sont plus satisfaisantes que d'autres, sans que la qualité des éléments considérés séparément soit en cause.

D'après Clodomire.


 

Le prix est-il gage de qualité en matière audiophile ?

Il n'y a pas de règles intangibles ni de proportionnalité entre le prix de vente d'un appareil et sa qualité musicale. Le prix de vente est avant tout une question de choix tarifaire du fabricant et du créneau commercial qu'il souhaite investir ; par exemple entre deux lecteurs de qualité, l'un à 1000 euros, l'autre au double, il n'y a pas nécessairement un bond dans la qualité de restitution et surtout, il serait bien naïf de croire que le plus coûteux est obligatoirement le meilleur. Quant au "très haut de gamme", les prix sont arbitraires ; qu'un lecteur soit vendu 10 000 ou 20 000 euros n'est pas une question de qualité mais de positionnement commercial et d'image de marque.

La qualité par gamme de prix -par segment de marché- devrait être assez homogène (s'inscrire dans une courbe de Gauss), avec quelques différenciations typiques aux marques (plus ou moins neutre, chaud, soyeux dans les vocaux...). Et effectivement, quand on change de segment de marché, on sent généralement une différence en qualité (pas forcément proportionnelle).

Tout l'art du jeu - pour les audiophiles non fortunés - consiste à trouver dans le segment concerné le produit qui s'inscrit le mieux dans son ensemble hifi.

D'après Clodomire et fl64fred.

 


 

Comment est fait un lecteur de CD ?

Un lecteur de CD est constitué schématiquement de 4 sous-ensembles : la mécanique de lecture et son électronique d'acquisition des données, le convertisseur numérique/analogique, les étages de sortie et l'alimentation.

L'attention des acheteurs se focalise fréquemment sur le convertisseur en raison de la facilité à le désigner par ses caractéristiques de base, par exemple 24 bits/96 kHz. Mais tout comme le nombre de pixels du capteur d'un appareil photo numérique n'est qu'un paramètre parmi bien d'autres, qui ne nous apprend pas grand' chose sur les images qu'il fournira, cette caractéristique du convertisseur ne renseigne ni sur son architecture ni sur la manière dont il est utilisé.

La signature sonore d'un lecteur de CD est le résultat de l'interaction plus ou moins heureuse de ses sous-ensembles. Certains fabricants en sont si convaincus que le passage dans la gamme d'un modèle au modèle supérieur se fait par simple changement de l'alimentation, commodément placée dans un boitier séparé. Chez d'autres, le client peut acquérir une carte supplémentaire recalculant le flot issu de la mécanique (donc au format du CD, soit 16bits/44,1 kHz) en 24/192 pour alimenter le convertisseur.

Les étages de sortie, le plus souvent constitués de circuits intégrés dont les principales vertus sont un très faible coût de revient et une grande facilité d'implantation, peuvent sur certains modèles être élaborés à partir de transistors discrets ou encore de tubes, qui laissent une bien plus grande latitude de conception. Certains spécialistes de ce forum pensent que les étages de sortie ont une influence prédominante sur la restitution d'un lecteur. L'omniprésence de quelques modèles de circuits intégrés très économiques à ce niveau explique à la fois l'uniformité sonore de nombre de modèles et leur manque de musicalité.

D'après Clodomire.

 


 

Est-il préférable d'avoir une mécanique de lecture CD et un convertisseur séparés ?

La solution composée par un transport (" drive " ou mécanique de lecture) et un convertisseur (" DAC ") séparé a des avantages mais apporte aussi son lot de difficultés et ne se justifie que dans des installations très élaborées : les essais et écoutes sont absolument indispensables.

Par ailleurs, il est nécessaire de rappeler que tous les convertisseurs séparés ne fonctionnent pas nécessairement avec n'importe quelle mécanique de lecture ; dans certains cas, l'association reste muette. Bref, il s'agit d'une voie qui a ses séductions. Une solution plus simple et moins aléatoire est celle d'un lecteur CD intégré.

D'après Clodomire

 


 

Est-il préférable d'avoir un préamplificateur et un amplificateur séparés ?

Il y a des partisans des électroniques séparées, et des partisans des électroniques intégrées. Il n'y a pas de règles établies.

Beaucoup d'amplificateurs intégrés sont dotés d'une alimentation leur permettant de rivaliser facilement avec celle d'un bloc de puissance et d'un préamplificateur indépendants. Par ailleurs l'amplificateur intégré a l'avantage de l'encombrement qui se réduit à un seul boîtier, ce qui évite aussi l'acquisition d'un câble supplémentaire de modulation chargé de relier le préamplificateur à l'amplificateur avec toute la délicatesse que cela comporte.

Toutefois, vu sous l'angle d'une évolution future, l'option préamplificateur / amplificateur séparés, l'évolution offrira la plupart du temps davantage de souplesse avec de nombreuses possibilités, telles que l'utilisation de blocs monophoniques, bi-amplification, amplification plus puissante, changement de technique d'amplification, etc..., ou tout simplement conserver son ou ses blocs de puissance avec changement de la section préamplificatrice.
Mais l'évolutivité est possible aussi sur les amplificateurs intégrés : de nombreux intégrés sont pourvus de sorties permettant la connexion de blocs de puissance externes.

Le mélange des genres et des marques est possible et parfois même conseillé, à condition que le mariage soit harmonieux à l'écoute.

d'après Lionel SCHMITT

 


 

Peut-on coupler un préamplificateur à transistors et un amplificateur à tubes ?

Rien ne s'oppose techniquement au couplage d'un préamplificateur transistorisé et d'un ampli de puissance à tubes, ou l'inverse.

Il conviendra toutefois de vérifier deux paramètres:
- d'une part, que l'impédance de sortie du préamplificateur est suffisamment basse par rapport à l'impédance d'entrée de l'ampli. Dans le cas de l'association que vous envisagez, cette condition est presque toujours respectée car les amplis à tubes ont généralement une impédance d'entrée relativement élevée (autour de 50 kOhms, parfois beaucoup plus) et les préamplis à semi-conducteurs une impédance de sortie faible (quelques dizaines d'Ohms). C'est plutôt pour un couplage préampli à tubes/ampli transistorisé que des difficultés pourraient apparaitre, de nombreux amplis actuels ayant une impédance d'entrée relativement basse (autour de 10 kOhms, parfois moins) alors qu'un préampli à tubes peut facilement présenter une impédance de sortie de 1 ou 2 kOhms ; dans ce cas, il y a un risque de désadaptation ;
- d'autre part, s'assurer que le niveau de sortie maximal du préampli s'accorde à la sensibilité d'entrée de l'ampli (ceci est évidemment valable quelque soit le type des appareils) afin qu'il ne puisse y avoir saturation des étages d'entrée de l'ampli à niveau normal d'écoute.

Sur le plan strictement musical, une telle association peut être très intéressante, mais seuls des essais peuvent fournir la réponse.

D'après Clodomire

 


 

Peut-on comparer le format CD et le format MP3 ?

A ce jour, la technique MP3 est à bannir du monde de la haute fidélité; sa compression ne permet pas en effet d'obtenir (pour le moment) la pureté, la transparence, et le côté humain que l'on peut avoir avec un CD, un DVD Audio, ou un SACD. Comparer musicalement un format MP3 à un CD traditionnel revient à comparer une émission radio en grandes ondes avec la modulation de fréquences. En revanche, il est bien évident que beaucoup de CD sont mal enregistrés, mal gravés, et il y a énormément de perte au moment du " pressage ". Toutefois, dans leur ensemble les CD sont de qualité bien supérieure à celle du MP3, et restent très acceptables.

D'après Lionel SCHMITT

 


 

Dématérialisation : les CD sont-ils condamnés ?

Rien ne permet de dire pour le moment [11/2009] que les CD traditionnels soient amenés à disparaître prochainement. Toutefois, de grands espoirs sont fondés sur les serveurs musicaux qui permettront le stockage en grand nombre de nos chers CD, mais aussi le téléchargement par des voies dématérialisées. Pour le moment, nous avons assez peu de recul tant au niveau du téléchargement à proprement parler que du stockage du CD. Les tenors en la matière (…) proposent des produits évidemment très performants (…). Les premiers avis restent partagés, A l'apparition du CD, tous les professionnels prédisaient avec unanimité la disparition du microsillon et la généralisation de la numérisation dans tous les domaines. Or non seulement le microsillon n'est pas mort, mais il connait un regain de faveur.

D'après Lionel SCHMITT et Clodomire.

 


 

Peut-on faire rapidement la différence entre différents lecteurs CD ?

A partir d'un certain niveau de qualité, les appareils sont proches les uns des autres et les différences de signature sonore, quoique réelles, restent fines et exigent une écoute attentive et une écoute sur la durée. C'est un peu comme l'examen de deux photographies du même sujet, cadrées de manière identique mais prises avec deux appareils différents et tirées sur des papiers différents ; au premier coup d'oeil, elles paraissent identiques en tous points et ce n'est qu'après un examen attentif, exigeant une certaine habitude, que l'observateur détecte les différences de l'une à l'autre.

La conséquence en est que lors des démonstrations effectuées en magasin, même dans de bonnes conditions, il est souvent difficile de trancher de façon catégorique. Au mieux, il est le plus souvent hasardeux d'affirmer que tel modèle est supérieur à tel autre ; tout au plus peut-on dire que leur restitution est différente certes, sans pouvoir établir une franche hiérarchie, ou que l'on préfère plutôt tel appareil.

Le véritable test, c'est l'essai à domicile sur plusieurs jours... Ce qui est bon pour les amis ou le vendeur ne l'est pas obligatoirement pour soi.

D'après Clodomire.

 


 

Quelle importance accorder à la puissance (nombre de watts) d'un amplificateur ?

La question de la puissance électrique des amplificateurs est très surévaluée. La puissance en watts est mesurée dans les conditions habituelles, c'est-à-dire en régime sinusoïdal (stabilisé) sur une charge résistive (puissance RMS) : elle ne donne qu'une indication assez vague des possibilités d'un amplificateur en régime musical. En effet, la musique est essentiellement constituée d'une succession de signaux transitoires à fronts plus ou moins raides qui ont fort peu à voir avec une sinusoïde, et une résistance pure de 4 ou 8 ohms n'est qu'une approximation très grossière de la charge complexe que représente une enceinte acoustique pour l'amplificateur qui l'alimente.

Autrement dit, la puissance RMS, qui reste pourtant l'un des paramètres le plus souvent mis en avant, n'a pas une grande signification pratique. Certains amplificateurs capables de débiter 50 ou 75 W aux mesures sont mis à genoux par le premier accord orchestral un peu complexe, pour peu qu'ils alimentent des enceintes difficiles (charge simultanément résistive, réactive et inductive) ; d'autres au contraire, dont les chiffres sont moins flatteurs, se révèlent beaucoup moins sensibles à la nature de cette charge et restent capables de débiter un nombre appréciable de watts en situation réelle. De plus, dans le cas des amplificateurs à tubes, les transformateurs de sortie dont ils sont presque toujours pourvus agissent comme un tampon entre étage de sortie et charge (enceinte), ce qui explique en partie le fait que nombre de ces amplis, s'ils sont bien conçus (ce qui n'est pas toujours le cas), donnent fréquemment une sensation d'aisance que leur puissance annoncée ne laisserait pas soupçonner.

En fait, la puissance impulsionnelle d'un amplificateur parait bien plus pertinente pour évaluer ses possibilités musicales, mais elle n'est presque jamais évoquée car beaucoup d'électroniques actuelles sont si chichement calculées que leur puissance impulsionnelle est à peine supérieure à leur puissance continue...

D'après Clodomire.

 


 

Qu'est-ce que la " classe A " ?

En électronique, il est possible de faire fonctionner les éléments actifs d'un circuit, qu'il s'agisse de tubes ou de transistors, suivant divers procédés que l'on désigne par le terme de "classe" : c'est ainsi qu'il y a une "classe A", une "classe B", une "classe AB", une "classe D", "G" etc...

Ces diverses classes ne sont pas toutes adaptées au domaine des amplificateurs audiophiles, dits "basse fréquence". La classe de fonctionnement de loin la plus répandue pour nos appareils est la classe AB. Par ailleurs, l'expression fréquemment employée de "pure" classe A ne signifie rien ; il y a la classe A (tout court) ou à la rigueur, si l'on tient absolument à lever toute ambiguité, la "véritable" classe A : un ampli fonctionne en classe A ou pas, point.

En classe A, un courant de polarisation important, indépendant de l'amplitude du signal, traverse en permanence les éléments actifs, d'où un fort échauffement et la nécessité de précautions particulières.

Les premières générations de transistors supportant fort mal l'échauffement, la classe AB s'est généralisée et la classe A a été réservée à un petit nombre de modèles en général coûteux, d'où une image commerciale flatteuse.

En classe AB, on utilise un courant de polarisation relativement faible, variable selon la conception du circuit, mais qui ne s'annule jamais totalement comme en classe B.

L'avantage de la classe A est de supprimer radicalement une forme de distorsion très audible et gênante (distorsion de croisement) que la classe AB minimise tout en offrant, au moins en théorie, les avantages de la classe B (faible consommation au repos, bon rendement). L'emploi de la classe A n'assure pas à lui seul la qualité musicale d'un ampli. Le résultat final dépend de multiples paramètres (schéma, choix des composants, des points de fonctionnement, de l'alimentation etc) et il y a des amplis en général considérés comme très musicaux qui ignorent la classe A

Enfin, signalons qu'en raison des faibles puissances en jeu, la plupart des préamplificateurs sont polarisés en classe A ; rien d'extraordinaire à cela et si un fabricant le souligne, il ne fait qu'exploiter un argument de marketing.

d'après Clodomire

 


 

Les câbles sont-ils si importants que cela ?

S'agissant des câbles de modulation (entre les appareils), les câbles hauts-parleur (entre l'amplificateur et les enceintes), ou enfin les câbles d'alimentation électrique (de chacun des appareils de la chaîne), il convient de remettre les choses à leur place : ils sont à la fois très importants et peu importants. Comme pour tous les éléments audio, il y a des bons et des moins bons, il y a des modèles " compatibles " avec certains éléments et d'autres non : tous les éléments ne réagissent pas de la même façon avec tous les câbles - et enfin et surtout, la qualité et la pertinence d'un câble ne pourra se faire sentir qu'avec un système audio faisant preuve d'ouverture et de pertinence.

Le résultat musical dépend aussi du reste de l'installation ; autrement dit, un câble donné pourra fournir des résultats très satisfaisants dans un contexte précis et se révéler décevant dans un autre, exactement comme un amplificateur ne s'associe pas harmonieusement à n'importe quel type d'enceinte par exemple.

Ce serait une erreur monumentale de commander des câbles sans les avoir au préalable écoutés. Cette préconisation est valable pour les autres éléments de la chaîne.

D'après Lionel SCHMITT et Clodomire.

 


 

La haute-fidélité reproduit-elle la réalité ?

La haute fidélité est un art de la transposition, comme la photographie, qui ne " reproduit " pas la réalité, mais en fournit une image homothétique.

Il est physiquement impossible de reproduire à niveau réel la plupart des instruments acoustiques dans une pièce d'habitation habituelle ; il y a donc pratiquement toujours une compression de la dynamique globale appliquée lors de la gravure du master d'un CD. Inutile de vouloir faire entrer dans votre salon l'orchestre de Paris ou l'orgue Moucherel de Ste-Cécile d'Albi: votre pièce d'écoute serait amenée à saturation acoustique dès le premier forte ; même un 'simple' piano de concert sera déjà trop puissant...

d'après Clodomire

 


 

La haute fidélité : art ou technique ?

La haute fidélité est à un point de convergence entre technique et esthétique ; cette situation ne lui est d'ailleurs pas particulière et se retrouve en photographie. Les tenants d'une approche purement technologique omettent de prendre en compte une dimension essentielle, qui est celle de l'émotion esthétique ou, si l'on veut, de ce que l'on nomme souvent 'musicalité' pour ce qui nous intéresse.

S'il suffisait de quelques mesures plus ou moins élaborées et de l'analyse de diverses courbes pour créer une installation musicalement satisfaisante, il y a pas mal de temps que nous serions tous à peu près d'accord sur la voie à suivre et que nos installations se ressembleraient beaucoup. Mais penser ainsi, c'est oublier que nous n'écoutons pas de la même manière, que ce qui me plait ne satisfait pas nécessairement mon voisin : l'un va plutôt être sensible à l'aspect rythmique de la musique, donc à l'écoulement du temps, un autre à la mélodie, donc aux rapports de hauteurs, le troisième aux timbres, donc au spectre sonore.… Et ses aspects sensibles, subjectifs, de la perception ne sont pas réductibles à une simple approche technologique et finalement seront déterminants dans mes choix (cf. ce beau sujet : la signature sonore des marques). En réfléchissant un peu, rien de très surprenant : lors de la mise au point définitive d'un modèle, du "réglage" ultime si l'on veut, le ou les concepteur(s) travaille(nt) surtout à l'oreille. Les outils informatiques à notre disposition aujourd'hui, pour puissants et utiles qu'ils soient, ne sauraient se substituer totalement à l'écoute et à l'expérience. Preuve en est que ces outils auxquels certains accordent une confiance aveugle, proche de la foi, ne permettent toujours pas de mettre en évidence les différences musicales pourtant évidentes à l'oreille entre un violon de facture industrielle et un instrument de grande lutherie, ou entre un médiocre piano de grande série et un Fazioli.

La haute fidélité est un vecteur entre les interprètes et l'auditeur et justement, ce vecteur ne relève pas uniquement du domaine des sciences.

D'après Clodomire

 


 

Qu'est-ce qu'une restitution correcte des instruments ?

Lorsqu'un instrument acoustique, quel qu'il soit, produit une note, celle-ci peut se décomposer en trois phases successives : une attaque plus ou moins rapide (transitoire dont la vitesse de montée est variable), suivie d'un plateau souvent décroissant et enfin un transitoire de fin d'émission. Or le timbre caractéristique de l'instrument est déterminé essentiellement par le transitoire d'attaque ; si l'on enregistre une même note produite par un piano et par une flûte par exemple, et que l'on supprime ce transitoire (et, dans une moindre mesure, l'extinction), il est pratiquement impossible de distinguer à l'oreille les deux instruments et de déterminer l'origine de la note.

Le transitoire d'attaque varie, selon l'instrument considéré, du très rapide (front de montée raide : percussions, piano, clavecin) au relativement lent (front nettement moins raide : orgue, violoncelle, basson...). La restitution correcte de ces transitoires d'attaque est fondamentale pour une reproduction convenable des timbres ; heureusement, hormis certaines percussions particulières (racles, triangles, certains tympanons), la vitesse de montée des attaques instrumentales est rarement inférieures à 30 µs, ce que la plupart des électroniques et même des haut-parleurs électrodynamiques sont capables de respecter, éventuellement en émoussant le sommet du transitoire mais l'expérience démontre que l'oreille est plus sensible au respect de la vitesse de montée qu'à l'amplitude du signal.

Cette caractéristique du processeur passablement complexe constitué par l'association oreilles/cerveau est heureuse dans la mesure où le respect des intensités maximale est secondaire, ce qui fait que même compressé par les multiples contraintes de l'enregistrement et de la restitution, un piano reste parfaitement identifiable si ses transitoires sont à peu près respectées.

D'après Clodomire.

 


 

Pourquoi venir sur un forum audiophile?

Certains audiophiles ou mélomanes qui cherchent à acquérir du matériel pour écouter dans de bonnes conditions de la musique viennent prendre ou échanger des informations, voir témoigner sur leurs impressions. Cette démarche est enrichissante. Personne n'a la science ou l'oreille infuse. Chacun ressent la musique à sa façon, selon sa propre sensibilité.
Les constructeurs spécialistes ou généralistes font des efforts pour répondre à l'ensemble des critères et sensibilités de chaque amateur de musique en proposant des produits qui sonnent de façon différente et qui pourront plaire à tous en essayant de proposer une version de vérité sonore. Peut être que certains d'entre nous viennent sur ce forum pour se conforter ou se rassurer; mais est ce une erreur ou un mal ?

D'après Lionel SCHMITT

 


 

La phase électrique (du secteur) a-t-elle une importance ?

La phase secteur influe plus ou moins sur la qualité de restitution sonore. Certains appareils très haut fidélité y sont particulièrement sensibles. Il faut d'écouter son installation telle qu'elle est, puis ensuite inverser le sens de branchement secteur de l'ampli d'abord, pour voir si il y a une différence notable. Ensuite, procéder de la même manière avec la source.
Si la phase secteur s'avère correcte, on obtient une sonorité meilleure, plus déliée, moins fade.

d'après Lionel SCHMITT

 


 

Faut-il laisser ses électroniques en permanence sous tension ?

Pour un utilisateur non professionnel, laisser en permanence ses électroniques sous tension ne présente guère d'intérêt. Mais il ne faut pas non plus tomber dans l'excès inverse qui consisterait à tout éteindre pour répondre durant 20 minutes au téléphone... Par ailleurs, il est très fortement déconseillé de laisser sous tension permanente un amplificateur en Classe A, les circuits des modèles commercialisés atteignant fréquemment des températures que n'apprécient que modérément les condensateurs de leurs alimentations.

Hormis les tubes électroniques, dont la durée de vie est relativement brève, les seuls autres composants susceptibles de vieillissement sont les condensateurs électro-chimiques. Un élément électro-chimique, même de haute qualité, à une durée de vie finie (de l'ordre d'une centaine de milliers d'heures en conditions standard) et cette durée est surtout fonction de la température de service (toujours précisée dans les caractéristiques techniques). La durée est divisée à peu près par deux chaque fois que la température interne du composant augmente de 10° C. Les amplis de puissance (et la partie de puissance des intégrés) sont les principaux éléments concernés, en raison des tensions et températures parfois assez élevées de leurs circuits ; si le fabricant de l'appareil concerné a pris soin de monter des condensateurs présentant une marge de sécurité importante (par exemple garantis 105° C pour une température de service de 75°), il n'y a guère d'inconvénient à laisser l'appareil "en chauffe" en permanence ; dans le cas contraire, l'idée est moins bonne qu'il n'y parait et, par les temps qui courent, de toute façon peu écologique...

D'après Clodomire.

 


 

Sur quel support placer les appareils de la chaîne ?

En principe, il est conseillé d'utiliser un support aussi inerte que possible, c'est-à-dire le plus dense et le plus rigide possible. La pierre, de lave ou autre (marbre, granit...) est sans doute ce qui se rapproche de l'idéal, au prix d'un poids considérable (6 à 9 fois supérieur à celui d'un support en bois de même volume...) et de difficultés d'approvisionnement... et sous réserve que les fixations prévues pour recevoir des tablettes de verre supportent le surcroit de poids !

En restant plus réaliste, le lamellé-collé, surtout en forte épaisseur (3 cm ou plus) parait offrir un compromis satisfaisant. Bien plus résistant sur le plan mécanique que l'aggloméré ou même le contreplaqué, ce produit a une bonne stabilité dimensionnelle, est raisonnablement aisé à travailler et à trouver, et offre des résonances diffuses et peu marquées plus satisfaisantes que celles, fortes et ponctuelles, du verre.

D'après Clodomire.

 

A suivre ...


 

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