Platines, bras et cellules...(4)

 

8 ) La platine proprement dite :

Entraînement par galet, par courroie ou entraînement direct

- Entraînement par galet :

L'entraînement par galet a été très répandu dans les années 60. Il permettait de réaliser très simplement des platines multivitesses (16 - 33 - 45 -78 tours).
Le petit moteur électrique comportait un axe de sortie tourné à 3 ou 4 diamètres différents, "en escalier". Un galet caoutchouté transmettait la rotation de cet axe à la jupe interne du plateau :

Le moteur synchrone tournait toujours à la même vitesse ; mais comme il avait 3 ou 4 diamètres d'axe en sortie, il pouvait entraîner le galet, et donc le plateau à 3 ou 4 vitesses différentes.

Prenons le cas d'une platine 33 - 45 - 78 tours. L'axe du moteur avait trois zones : une fine, une plus large, et une troisième encore plus large.

Le galet, plaqué par des ressorts, pouvait monter ou descendre sur l'une des 3 partie de l'axe du moteur.

Lorsque le galet caoutchouté était abaissé sur la partie la plus large de l'axe, le plateau était emmené à la vitesse la plus grande (78 T / mn dans cet exemple) ; si le galet était monté sur la partie la plus fine de l'axe, il était entraîné moins vite, et le plateau tournait plus lentement (33 T).


Le galet monte ou descend au choix.
(Le moteur tourne à une vitesse constante).
La partie basse de la poulie de sortie est plus large :
elle fait tourner plus vite le galet, donc le plateau ...

Avantages :
- Facilité de réalisation du changement de vitesse.
Inconvénients :
- Les vibrations du moteur étaient intégralement transmises au plateau, en particulier le ronronnement dans les basses.
- Les minuscules à-coups dûs au fonctionnement du moteur électrique synchrone étaient transmis au plateau.

Egalement, si on ne remettait pas à zéro le galet à l'arrêt, il se marquait dans la partie qui s'appuyait sur l'axe du moteur, et produisait ensuite des vibrations supplémentaires.

 

Parade : (Laissons de côté les tourne-disques "de base", non destinés à la hifi)
Il fallait alourdir au maximum le plateau, de façon à limiter la transmission des vibrations du moteur. Si le moteur était faible et léger, et le plateau lourd et inerte (en Zamac par exemple), les vibrations résiduelles ("rumble") se situaient à un niveau négligeable par rapport à la musique

DUAL, THORENS et GARRARD entre autres ont produit des machines de qualité utilisant un entraînement par galet.

 


 

- Entraînement par courroie :

Pour diminuer au maximum la transmission des vibrations du moteur, on a utilisé une courroie de caoutchouc pour transmettre la mouvement au plateau.

Deux systèmes principaux :

- Un moteur extérieur comprenant une ou deux poulies en bout d'axe du moteur (pour les vitesses de 33 ou 45 T/mn) entraîne une longue courroie qui fait le tour du plateau.
Ce moteur peut être fixé sur la platine ou sur un bloc complètement séparé.

On change de vitesse :
- soit en faisant passer la courroie sur la petite ou la grande poulie, un peu comme pour le galet...
- soit en faisant varier finement la fréquence d'alimentation du moteur (voir plus bas)


Une platine actuelle de haute qualité
utilisant un moteur extérieur asservi et une courroie longue (Thorens)

- Un moteur intérieur, débouchant sous le plateau, transmet le mouvement par une courroie plus courte à un contre-plateau [un petit plateau sous le grand], par exemple chez Thorens, Linn, Rega ...



La célèbre "ancêtre" TD 160, moteur entraînant par courroie
un contre-plateau en zamac caché sous le plateau lourd extérieur.
Moteur synchrone 50 Hz et changement de vitesse par une fourchette
déplaçant la courroie sur la poulie qui convient.


Un modèle plus récent, moteur asservi variable
entraînant par courroie un contre-plateau caché..

- Avantages : Amortissement optimal des vibrations et fluctuations diverses grâce à l'élasticité de la courroie. Les caractéristiques mesurées sont très nettement meilleures (bruit résiduel, régularité...).
- Inconvénient : pas plus de deux vitesses si on utilise un moteur synchrone ; et souvent un changement de vitesse manuel : changement de poulie à la main (Rega Planar par exemple).

Une amélioration du moteur :
Le moteur asservi à une fréquence variable.

Le moteur synchrone voit sa vitesse fixée par construction. Elle dépend alors uniquement de la fréquence du secteur (50 Hz en Europe).

On ne peut faire varier la vitesse du plateau que par un changement de vitesse, des poulies de diamètre différent (voir ci-dessus).

Moteur à fréquence variable

On a donc cherché à faire varier la fréquence du courant amené au moteur pour faire varier très précisément sa vitesse de rotation : plus besoin de changement de vitesses, une seule poulie de sortie.
Le moteur alimenté à une certaine fréquence tourne à une certaine vitesse. Pour le faire tourner plus vite, on augmente simplement la fréquence d'alimentation du moteur !

Une majorité de constructeurs s'est ralliée à ce système pour le milieu ou haut de gamme. Il faut simplement prévoir un système qui redresse, puis recréée un courant alternatif parfaitement quantifié.
Cet ensemble électronique a un coût, c'est pour cela qu'on ne le trouve pas en entrée de gamme.

 

- Entraînement direct :

Une fois mis au point le moteur asservi à une fréquence, comme ci-dessus, et les moteurs à nombreux pôles, une idée a germé : pourquoi ne pas entraîner directement le plateau par un moteur à rotation très lente (33 - 45 T/mn) et très précise ?

L'entraînement direct était né. C'est tout simplement un gros moteur plat, sur lequel est posé le plateau, et qui tourne directement à la bonne vitesse...

- Avantages : - Peu de bruits parasites (pas de galets, de poulies...)
- Simplification mécanique
- Inconvénients : - Nécessité d'une électronique de commande très précise, donc plus chère
  - Difficulté à absorber les fluctuations de vitesses qui se produisent au passage d'un pôle à l'autre du moteur : pas de courroie pour absorber ces fluctuations...
En effet, il y a toujours une "accélération" au passage du pôle d'un moteur, le mouvement n'est jamais tout à fait lisse.

TECHNICS entre autres a produit des platines à entraînement direct de qualité, toujours en vente.


- Platine "Flottante"

THORENS entre autres a beaucoup utilisé le principe de la platine flottante.

Dans cette construction, le contre-plateau (petit plateau qui supporte le plateau proprement dit, voir ci-dessous, en rouge ) n'est pas fixé directement sur le socle de la platine. Il est porté par une plaque suspendue sur des ressorts (partie en gris sur le schéma).

Le moteur (dessiné en rouge) est fixé directement sur le socle.

De cette manière, le plateau porte-disque est totalement découplé des vibrations du moteur ou du meuble support de la platine !

Avantages :
- Cette construction garantit un rapport signal / bruit très élevé et une grande insensibilité par rapport aux vibrations extérieures et au Larsen.

Inconvénients :
- Le montage souple de l'ensemble tournant le rend très sensible aux balancements transmis par le sol (parquet...). La pointe peut sauter hors du sillon.

Si vous dansez sur un parquet un peu souple, la platine aussi !!!


 

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