Platines, bras et cellules...(3)



7) Le bras, suite :

- Bras droit, coudé ou en "S", unipivot, radial :

Ce critère n'a pas grande importance... En dehors de la question de l'esthétique, secondaire à mon avis, il s'agit surtout de facilités de construction ou de fixation de la cellule.

Il subsiste cependant de légères différences de comportement dynamique :

- Le bras droit (avec son porte-cellule orienté dans le sens du sillon bien sûr) est un peu plus léger et plus rigide. Par contre, le porte-cellule est presque toujours incorporé au bras (voir photos de la page précédente) , ce qui ne facilite pas le montage des cellules.

- Le bras en "S" est plus long, du fait de sa forme sinueuse, pour la même distance effective axe du bras-pointe. (La ligne droite est toujours le plus court chemin...). La masse et donc l'inertie augmentent, pour la même longueur effective.
Mais il facilite la fabrication d'un porte-cellule amovible,qui se monte bien dans l'alignement du bras.

- Le bras droit coudé au bout : Il se rapproche beaucoup du bras droit, mais avec la facilité de pouvoir utiliser un porte-cellule simple et démontable, comme le bras en "S".
Cependant par rapport au bras droit, il se produit une légère force de rotation sur son pivot lors des ses mouvements sur un disque ondulé.

Imaginons par exemple deux règles de bois attachées à une extrémité, à 90 degrés. Prenez l'extrémité d'une règle dans la main gauche, et secouez l'extrémité de l'autre règle.
Celle que vous tenez dans la main gauche a tendance à tourner sur elle-même, par inertie de la région du "coude" des deux règles.
L'effet réel sur un bras coudé est bien plus faible, mais réel.


- Le bras unipivot était posé en équilibre sur un seul pivot en métal très dur ou sur un rubis par exemple. Forces de frottement infimes, mais risque de "danser le twist" sur des disques ondulés.
On contrait cette tendance à l'oscillation par une construction ramenant le centre de gravité du bras le plus bas possible. Efficace, mais cher comme bras, car peu répandu.

- Le bras radial : Il est décrit plus haut dans l'article. C'est un excellent bras, doté d'une très faible inertie car la partie lectrice est la plus courte de tous. Seule la relative complication du mécanisme d'entraînement asservi a limité sa diffusion.
Il présentait aussi l'avantage de pouvoir commander le bras à l'aide de quelques boutons contacteurs, sans avoir à toucher le bras.
Par exemple, Revox a proposé ce bras sur ses platines :

.

Platine a bras tangentiel Revox B790
Le bras, très petit, est entièrement contenu dans un capot de protection.

Etant très court (très faible inertie),
ce bras s'accomode de cellules à grande compliance, très souples

 

- Le type de porte-cellule :

La construction du porte cellule a bien sûr une grande importance.

- Si on prévoit une coquille rigide (par ex. en alliage léger moulé), elle est optimale en ce qui concerne sa neutralité sonore. Mais sa masse devient vite non négligeable ; et cette masse est vraiment mal placée, à l'endroit le plus critique pour l'inertie du bras, l'extrémité...
- Si on prévoit une coquille ultra-légère (anciens bras SME en tôle perforée) son inertie est très faible, mais le risque de résonances est plus important ...

Les constructeurs qui utilisent un porte cellule amovible ont donc cherché à concilier au mieux ces impératifs contraires. Ils ont utilisé par exemple des porte cellules moulés en alliage de magnésium (faible masse, rigidité). Thorens avait conçu un bras droit à porte cellule fixe, mais ce bras se démontait par sa base (c'est tout le bras qui s'en allait). Cette construction est légère et rigide.

 

- D'autres points fondamentaux concernant le bras :

- Il doit avoir une faible inertie pour pouvoir suivre les ondulations d'un disque qui n'est pas bien plat.

- Il doit être le plus rigide possible pour ne pas vibrer sous l'action des vibrations musicales transmises par la pointe (ce qui induirait du traînage, brouillerait les transitoires, produirait des résonances dans la courbe de réponse ...)

- Il doit pouvoir bouger avec des forces de frottement extrêmement faibles, pour ne pas forcer en suivant les mouvements de la cellule (voile du disque, excentrement ...). Ceci nécessite une construction d'une très grande précision. C'est de la micro-mécanique de grande précision !

On a vu beaucoup d'horreurs à la grande époque du vinyle : des bras qui résonaient sous le doigt, qui présentaient un jeu dans les roulements (en soulevant le bras près de sa base), ou au contraire étaient trop serrés...

De longues et patientes études ont permis d'optimiser ce composant : bras tubulaires pas trop fins (on a de moins en moins de bras "crayons" trop fins), mais en un matériau très léger, rigide et peu résonant (carbone, tube alu plus large) ; jeu très minime des axes du bras (meilleur écoulement des vibrations résiduelles) ; bras droit à porte-cellule incorporé...
Mais on trouve encore aussi d'autres structures, comme les bras en S [certains bras parmi les meilleurs (SME) adoptent cette forme] : ce qui compte, c'est la qualité de la réalisation, et le respect des points ci-dessus.

 

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Février 2007