Le comportement des
câbles dépend de leur structure, de leur construction.
Essayons de débroussailler le sujet avec des mots simples, car
les notions évoquées le sont...
Rien d'ésotérique ici, pas de magie, nous resterons dans les détails
techniques et mesurables ! |
Un câble est constitué, à la base, d'un ou plusieurs brins d'un métal
bon conducteur...
Il est important de le rappeler ! Mais l'arrangement de ces brins influe
sur la transmission du signal.
Quelles caractéristiques
du câble nous intéressent ?
1)
La résistance du câble:
Les
pertes dans le fil:
Les câbles de modulation
(par ex. du lecteur CD vers le préampli) n'ont pas de forts courants
à transporter : Donc ici il est inutile que les conducteurs soient gros.
Par contre, la sortie vers
les hauts parleurs véhicule de forts courants, avec une faible tension.
Des enceintes gourmandes (à faible rendement) auront besoin de forts
courants pour reproduire un niveau élevé. Ces courants seront très peu
atténués par des câbles de gros diamètre.
Le même signal envoyé dans des câbles très fins se dissipe en chaleur
(comme dans un radiateur électrique)... il y a donc une petite perte
de puissance.
Ce détail est (légèrement) sensible pour les grandes longueurs.
L'action
de la résistance du câble sur l'amortissement électrique :
La résistance du câble peut
influer sur le rendu sonore d'une autre manière : Un haut parleur mis
en mouvement par le signal musical ne s'arrête pas immédiatement, il
continue à vibrer un peu, si le signal cesse (il a une certaine inertie).
Il "invente" des vibrations qui n'étaient pas dans le signal !
Ces vibrations parasites, ce traînage, se mélangent aux signaux suivants
de la musique. Cela, comme je l'ai lu une fois dans la RDS, nous "brouille
l'écoute" (humour).
Par contre, si la résistance du câble est très faible (diamètre
suffisant), l'ampli de puissance "amortit" les mouvements parasites
du haut parleur : celui-ci suit plus fidèlement la musique.
|
Plus
techniquement pour ceux qui aiment :
On peut dire que le HP se déplace en fonction le courant qu'on
lui apporte. Mais quand on déplace une bobine mobile de HP dans
un champ magnétique (celui de l'aimant), on produit une force
contre-électromotrice, et un courant de signe opposé dans le
circuit .
Ce courant étant opposé à celui qui a créé le mouvement, il
a tendance à limiter le mouvement du HP.
Tant que
le signal musical arrive, il est le plus fort et le HP se déplace.
Dès qu'il s'arrête, le HP continue méchamment sur sa lancée
; il crée donc par ce déplacement intempestif un courant qui
a tendance à le freiner... donc son mouvement s'arrête très
vite ! et le tour est joué :
On a bien un mouvement du HP lorsque le signal arrive, et un
blocage rapide, lorsque le signal cesse. On suit précisément
les transitoires de cette musique.
Si malheureusement
la résistance du câble est importante, ce courant de "contrôle
automatique" est atténué et il y a moins d'amortissement des
mouvements erratiques du HP.
Bien entendu, il ne faut pas négliger non plus la résistance
interne de l'ampli, qui s'ajoute à celle du câble. On signale
de temps en temps le facteur d'amortissement
de l'ampli (celui des amplis transistorisés est souvent très
élevé, au contraire de celui des tubes, qui "tiennent"
moins les HP et auront donc quelquefois tendance à donner
des basses plus rondes.).
Attention
:
Le facteur d'amortissement ne doit pas obligatoirement être
très bas, tout dépend en fait des enceintes utilisées : des
enceintes à haut rendement sont très amorties électriquement
et peuvent manquer de basses si le câble est trop bon conducteur
!
Vous constaterez que les basses sont souvent plus abondantes
et "rondes" avec un câble de résistance plus élevée (plus fin).
Mais on perd en netteté des attaques.
Il faut essayer et écouter, puis choisir finalement en fonction
... de ses goûts personnels.
|
2)
Qu'est-ce que l'impédance d'un câble ?
Il n'y a pas que la résistance qui caractérise un câble (D'ailleurs,
en toute rigueur, celle-ci ne se mesure qu'en courant continu).
On parle plus généralement de l'impédance d'un câble, qui comporte des
aspects plus variés. C'est en gros la résistance du câble en fonction
de la fréquence.
L'impédance
du câble est donc variable en fonction de la
fréquence : qu'est-ce qui agit ?
Effet
de peau et fils de Litz
Imaginons un câble monobrin (en exagérant beaucoup, prenons un câble
rigide du modèle qui transporte l'énergie électrique dans la maison,
vous savez les fils rigides jaune/vert ou marron, ou bleu...) : entre
autres, il affaiblira l'extrême-aigu, par "effet de peau".
En effet, lors du passage d'un signal électrique de haute fréquence
(les aigus de la musique), les électrons vont plutôt s'agiter en surface
du conducteur qu'en profondeur... Donc les basses passeront par tout
le conducteur et les aigües essentiellement par la "peau"
: elles seront atténuées, utilisant moins de conducteur.
Digression
:
Ce type de câble rigide "gros monobrin"
souffre aussi de résonances internes à certaines
fréquences ... A éviter donc pour un usage haute
fidélité ! |
Pour contrer
cet effet de peau, l'astuce consiste à faire passer le signal dans de
multiples conducteurs fins (isolés), car le rapport entre la
surface totale des brins et la section du câble va augmenter considérablement
!
Cette idée toute
simple a été appliquée il y a longtemps dans ce qu'on appelle le "fil
de Litz".
Il s'agit d'un type de câbles composé de très nombreux conducteurs très
fins (parfois des centaines), isolés individuellement (!) par un vernis.
Autour, pour tenir tout ce petit monde, on a longtemps utilisé
du coton, qui est un bon isolant exempt d'effets secondaires (bien que
sensible à l'hygrométrie). On peut trouver maintenant des isolants plastiques,
comme dans les autres câbles.
Ce type de
câble passe sans atténuation des centaines de kilohertz ! donc bien
au-delà des capacités de l'oreille. Mais déjà à 15-20 khz, il y a une
différence par rapport à un câble courant. Et cette différence, légère,
est audible.
On peut dire que ce câble est parfaitement linéaire sur toute
la bande utile, même sur les harmoniques les plus élevées.
( J'ai utilisé
personnellement pendant très longtemps un câble en fil de Litz entre
le CD et le préampli.)
Cette technologie
"Litz " existe en câbles de modulation ou, avec un plus gros diamètre
du câble, en câbles HP
En pratique,
doit-on toujours se tourner vers ces câbles ?
Cela dépend en fait du son de sa chaîne. Si on ressent un besoin de
finesse dans les harmoniques, de définition (sans vouloir augmenter
l'aigu proprement dit), c'est bon.
Si par contre la chaîne est hyper définie, cinglante, maigre en basses,
alors il vaut mieux se méfier... car le fil de Litz apporte souvent
une impression subjective de relevé des
harmoniques aigues par rapport au reste.
3)
L'effet capacitif :
L'écartement
entre les deux parties du câble (+ et -) joue aussi un rôle dans la
transmission des aigus (pour les câbles de modulation).
Si les 2 conducteurs sont très proches, on a un "effet capacitif" qui
se crée. Les deux fils se comportent comme un petit condensateur en
parallèle, qui atténue donc l'extrême-aigu : donc là aussi, perte de
définition.
Cet effet lié à la proximité des conducteurs sera sensible dans les
câbles de modulation (je l'ai mesuré), mais peu dans les câbles HP (question
d'impédance de charge).
Voilà donc un deuxième point à considérer, pour les câbles de modulation
(le diamètre du câble sera plus gros en général, car cela permet d'écarter
les conducteurs + et -). Dans le câble que j'ai réalisé, je maintiens
les 2 conducteurs de chaque voie à 1 cm avec du Scotch.
4)
L'effet inductif :
Mais si, pour
éviter l'effet capacitif, comme dit ci-dessus, on écarte
les fils "aller" et "retour" ... alors apparaît
un effet inductif ( self en série), qui lui aussi a pour effet
de limiter la bande passante dans l'aigu.
Mais-z-alors que faire
?
Surtout ne pas s'inquiéter, surtout pour les câbles
d'enceintes, car la basse impédance du système ampli-enceintes
(4-8 ohms, max quelques dizaines d'ohms à certaines fréquences)
fait que ces deux effets, capacitif et inductif, n'existent qu'à
de très hautes fréquences (des centaines de kilohertz),
donc sans action sur les fréquences audio.
L'effet inductif est théoriquement très légèrement
plus sensible, pour les câbles HP.
Ceci a poussé certaines marques à créer des
câbles HP dont les deux conducteurs sont extrêmement
proches : on augmente un peu l'effet capacitif, très faible,
et on diminue l'effet de self, plus gênant en câble
HP. |
5)
Depuis quelques années, on parle beaucoup de l'isolant
Téflon, car c'est un excellent diélectrique (isolant) et
il est exempt d'effet mémoire (...l'air aussi d'ailleurs).
| Techniquement,
l'effet mémoire est un très léger retard,
qui fait que le la tension dans le câble ne retombe pas
immédiatement si le signal cesse, ou passe à 0 :
Léger risque de brouillage du son. |
6)
La souplesse des brins des câbles HP
(provenant de leur finesse) a de l'importance dans la restitution.
On constate rapidement que si le câble est plus rigide (car ses brins
sont moins fins) on a un son plus "carré", franc, percutant dans l'aigu,
avec des basses nettes, mais manquant un peu de finesse et de douceur
musicale.
Il y a plus de vingt ans, un comparatif dans la presse avait parlé des
basses plus "tendres" d'un câble Leonische à brins très fins, par rapport
à un câble Lucas.
J'ai constaté un peu cela en comparant un câble Triangle (plus rigide)
à un autre (Monster entrée de gamme) très souple.
Ces deux câbles sont très agréables, mais sont différents, à la fois
dans les grandes basses et les aigus : le Triangle (brins un peu plus
gros) franc et net, avec des basses profondes et tendues mais peut-être
un aigu un peu sec et technique, le Monster (brins très fins)
plus "romantique" avec un aigu chatouillant agréablement
l'oreille et des basses un peu rondes.
7)
On parle aussi de possibles micro-décharges
entre le conducteur et l'isolant (ou plutôt à mon avis avec la vapeur
d'eau passée entre les deux). Là, je ne sais que penser...
8)
Bien entendu, tous les câbles cuivre actuels sont en
cuivre OFC (désoxygéné).
Dans le câble de la lampe de chevet, non OFC en général
(quoique quelquefois...) les cristaux de cuivre sont entourés
par une zone de contact oxydée, qui peut dégrader la restitution
(agressivité ou au contraire perte en hautes fréquences,
distorsion...).
De la même manière, des cristaux
longs de cuivre transmettent mieux le signal
9)
Certains câbles ont leurs brins argentés
en surface de façon à améliorer le contact
(...et surtout à permettre à l'isolant Teflon de mieux
adhérer...) : à écouter et comparer par rapport
au cuivre pur. Je ne m'avance pas.
10)
Les câbles de modulation (ou les câbles HP) en
argent pur ont une résistivité légèrement
plus faible. Ils donnent de bons résultats aussi, mais ils sont
beaucoup plus chers. A vous d'apprécier le rapport qualité-prix
...
Et
maintenant le bonus
1)
Les câbles "issus de la recherche aéronautique et
spatiale" :
Sur le marché des câbles industriels, il en existe certains
conçus, avec beaucoup d'intelligence d'ailleurs, pour remplir
des tâches impossibles en avionique ou dans les fusées...
Par exemple, transmettre un signal faible dans un environnement perturbé
(parasites, température...).
Comme vous l'avez
déjà remarqué, il y a toujours des différences
(souvent légères) entre n'importe quel câble
et n'importe quel autre.
Essayez par exemple
en liaison HP d'abord un bon scindex, puis le même tressé
artistiquement et séparé en deux "conducteurs triples
isolés" de bon diamètre, puis du câble réseau
(RJ45) tel quel, ou bien "détressé"...
Vous constaterez que
chaque câble et chaque arrangement modifient de façon
plus ou moins perceptible la restitution (bande passante, qualité
des basses ou des aigües, ampleur stéréophonique,
impression subjective de diminution de la distorsion...).
Revenons aux
câbles "issus de la recherche ...(etc)".
Ces câbles
industriels ont bien entendu aussi un son ! donc ils peuvent apporter
quelque chose en haute-fidélité. Le malheur est qu'ils
peuvent être chers, surtout quand ils passent par les mains de
certains astucieux qui utilisent leur structure complexe comme argument
de vente (consultez les sites internet ou les pubs des revues de
haute fidélité !).
Ecoutez vos
oreilles, et sachez que ce n'est pas la complexité d'un câble
qui assure sa qualité. Mais elle permet souvent de justifier
... des prix injustifiés !
Que penser de
certains câbles du commerce ?
Quel est par
exemple l'effet d'une super-isolation permettant d'absorber les rayons
gamma ????
Ou, si vous préférez, quelle est l'influence d'une super-nova apparue
dans la constellation du Cygne par exemple, sur la reproduction de la
"Messe L'Homme Armé" de Guillaume Dufay ?
Par contre,
la qualité de réalisation (connecteurs de haute qualité, soudures
parfaites...) est un point très important à vérifier. Pour le reste,
les différents points cités plus haut sont bien connus, et permettent
de créer des câbles sans erreurs de conception.
Cela justifie-t-il
certains prix démentiels ?
La seule façon d'en être sûr consisterait à faire des essais en aveugle.
Peut-être serait-on surpris !
2)
Les câbles réseau informatiques en haute-fidélité
: Curiosité
à essayer. Ca peut marcher !
Il existe plusieurs
types de câbles
RJ45, plus ou moins
rigides...
Ils sont composés
de 4 paires de câbles OFC, isolés individuellement, enroulés
sur eux-mêmes 2 par 2 de façon à diminuer l'influence
d'un brin sur l'autre. Ceci est crucial en transmission de signaux informatiques.
En haute-fidélité, il est inutile de les entortiller ce
cette manière (on aurait plutôt un début d'effet
de self. Mais cet effet, s'il existe, n'apparaîtra qu'en très
haute fréquence) ... Les anciens câbles (10 Mb), abandonnés,
auraient probablement bien convenu aussi, car ils étaient de
structure linéaire, et non en paires entortillées.
Un modèle
courant (plutôt adapté à la pose de réseaux
informatiques fixes) est composé de 8 fils
monobrins. Il
s'agit donc d'un câble assez rigide.
Il est très
difficile de l'utiliser en câble de modulation ... Donc en câble
HP (avec un câble [+] et un câble [-]) on a subjectivement
une excellente cohérence entre l'aigu et l'extrême-aigu,
un son très tendu dans les basses ; beaucoup d'impact, de la
matière avec un son clair dans le haut médium. Mais il
ne pardonne rien, avec sa bande passante très étendue
vers le haut.
Au final , restitution très correcte pour le prix ...
Le câble
réseau plus fin et souple (utilisable donc aussi pour les raccords)
est constitué de 8 fils multibrins
OFC plus fins : Etant donnée sa souplesse, il est mieux
adapté au transport de la modulation.
Il peut évidemment convenir aussi en câble HP
... Plus facile d'emploi, je le trouve d'ailleurs préférable
car plus utilisable (voir montage plus bas).
Donc utilisé
en câble modulation (préampli-ampli) il m'a semblé
apporter une excellente netteté générale, avec
une grande homogénéité : Même type d'écoute
que le câble HP (Haut-médium et aigu
très définis ; basses nettes et tendues. Pas de romantisme
... Attention : à écouter en fonction du son de votre
chaîne).
Donc une fois
de plus, voici des câbles qu'on peut tester aussi (pourquoi pas
??) , bien qu'ils n'aient pas été du tout prévus
pour cela.
N'attendez pas de miracles à priori (ils révèleront
plutôt tout ce qui ne va pas en amont), mais vous pouvez avoir
de bonnes surprises, car les câbles réseau, comme tous
les câbles existants, ont leur son propre, et, par le jeu des
compensations, peuvent convenir parfaitement dans de nombreux cas (pour
env. 1 € le m, ou 2 x 1 € / m en câble HP)...
Montage du
câble réseau souple en modulation :
Un câble
stéréo : Rien que de très classique
- Une paire
pour le (+) gauche, une paire pour le (-) gauche ;
- Une paire pour le (+) droit et une paire pour le (-) droit
Par exemple
:
|
(+)
gauche
|
|
(-)
droit
|
|
(-)
gauche
|
(+)
droit
|
La tresse autour
du câble (en gris sur le dessin) sert à l'isoler des parasites
radio-électriques divers (ronflements, craquements...). Il faut
la relier au (-) d'un seul côté seulement.
Exemple :
Chacun des 4 fils ci-dessous est une des paires du câble
réseau ci-dessus.

Il suffirait de
relier la tresse à un seul ( - ), car les deux prises de la source
ou du préampli ont leur ( - ) commun
Il faut éviter
de relier la tresse (en gris ici) aux deux extrémités
du câble car la modulation ne doit pas transiter en principe par
la tresse, seulement par les fils intérieurs. Aucun danger cependant.
Le montage ci-dessus
fonctionne très bien, en particulier il y a très peu de
diaphonie (passage d'un canal dans l'autre) à cause de la géométrie
du câble réseau.
Si vous préférez
utiliser deux câbles réseau (car vos entrées
ou sorties sont très écartées) le
schéma est évidemment très simple
:

Chaque
tresse est reliée au (-) d'un seul côté.
Pour chaque câble, il y a deux paires pour le (+) et deux paires
pour le (-)
3)
Les câbles téléphoniques récents :
Des câbles
téléphoniques actuels permettant de faire des raccords
plus fiables et rapides (à la place de votre antique rallonge
téléphonique) pour brancher votre modem ADSL, sont aussi
une voie de recherche intéressante en haute-fidélité
(rappelons-nous les expériences de la revue "L'Audiophile"
dans les années 80 ).
Ce câble convient bien en câble HP. Il se rapproche du câble
réseau.
Repassez de
temps en temps. Je vous tiens au courant .
(2005;
Modif. mai 2006 ; nov 2007)
- Y.U.- 2005
|